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Assemblée Législative et Convention

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L'Assemblée Législative et la Convention

L'Assemblée Législative et la Convention : la déchristianisation

Sous l'Assemblée Législative (1er oct 1791 au 21 sept. 1792) et plus encore sous la Convention de nombreuses mesures ont pour but la disparition du culte catholique et de tous les privilèges ecclésiastiques.

Sous l'Assemblée Législative le serment « Liberté-Egalité » est imposé à tous les fonctionnaires et donc aux prêtres puisqu'ils sont depuis 1789 employés par l'Etat. Par un décret du 10 février 1790 est votée la suppression des ordres religieux. Une mesure motivée par le besoin d'argent des finances publiques, l'animosité contre les privilèges ecclésiastiques et un certain esprit rationaliste.

Dès 1791 un pas est fait vers une réorganisation et une laïcisation de la vie quotidienne. La loi du 10 juin 1791 prescrit l'aliénation de tous le biens communaux.

Un questionnaire fut adressé par le département à toutes les communes leur intimant de répondre aux questions suivantes :
« Y'a-t-il des biens communaux dans votre arrondissement ? En quelle quantité ? Le partage a-t-il été bien fait ? Quelles sont les difficultés qui s'opposent au partage ? »

50 communes du district de Saint-germain-En-Laye ont répondu à ce questionnaire : 34 ont des biens communaux de petite valeur, et dans la quasi-totalité des cas le partage n'a pas été fait pour diverses raisons :

« St-Germain : Dettes de la communes
Maisons : Les revenus acquittent une part des dépenses
Chatou : Trop petite quantité à chacun
Bezons : Les revenus couvrent une part des dépenses
».

La réponse de Carrières est unique et symbolise bien cet esprit vindicatif caractérisant cette « terre » : « Carrières on préfère l'exploitation en commun »

Le 10 août 1792, une insurrection populaire parisienne prend les Tuileries. La royauté est renversée et n'ayant plus de pouvoir exécutif une nouvelle assemblée constituant est élue au suffrage universel : la Convention (21 sept. 1792 au 26 octob. 1795).

A la fin de cette période (An IV - calendrier républicain) notre commune compte 606 habitants, dont 164 hommes mariés ou veufs et 134 femmes mariées ou veuves. La Convention Nationale proclame la République, remporte les batailles contre les armées coalisées contre la France et vote la Constitution de l'An III. Mais localement ce pouvoir fait entrer tous les villages de France dans une aggravation de la lutte anti-religieuse.

Une des premières mesures anti-religieuses est la loi du 20 septembre 1792 par laquelle l'Assemblée décrète que l'état-civil des citoyens doit être constaté par un officier public élu et non plus seulement rédigé par les curés. Ces derniers sont tenus de remettre tous les registres en leur possession aux officiers nouvellement élus dans chaque paroisse. Une autre mesure, plus visible cette fois, consista à la « descente des cloches ». En vertu du décret de la Convention Nationale, n°1256, du 23 juillet 1793 « Portant qu'il ne ne sera laissé qu'une seule cloche dans chaque paroisse », et de l'arrêté du département du 4 septembre 1793, les cloches doivent être remises par les communes pour servir à faire des canons : « La Convention Nationale décrète qu'il ne sera laissé qu'une seule cloche dans chaque paroisse ; que toutes les autres seront mises à la disposition du Conseil exécutif, qui sera tenu de les faire parvenir aux fonderies les plus voisines dans le délai d'un mois pour y être fondues en canons ».

La commune de Carrières fut obligée de remettre au canton deux de ses 4 cloches, bien qu'elle n'y était aucunement décidée à la publication du décret : « L'an mil sept cent quatre vingt douze, La Municipalité de Carrières-Saint-Denis consomme, en année commune à raison d es apopulation de onze cents deux mil six cent septiers (...) ; quant aux cloches sont trop petites et sont nécessaires à leur paroisse ».

En fait dans un village la cloche est un élément essentiel de la vie quotidienne puisqu'elle rythme la vie des habitants. Leurs sonneries indiquent : le réveil des cultivateurs, le déjeuner, la réunion des habitants et de la municipalité, l'alerte au feu...
Ainsi, les cloches sont bénites et baptisées « l'an 1778, le seize juillet a été bénite par nous, prêtre licencié de Sorbonne, curé de Houilles et de Carrières-Saint-Denis, la grosse cloche de cette église du poids de 645 livres et a été nommée Claude Agathe. Le parrain est Messire Pierre François Boudier, grand Prieur de l'Abbaye de Saint-denis en France et la marraine Marie-Agathe Daniel, épouse de Messire Antoine Le Cauchoix, Lieutenant du Baillage de Carrières-Saint-Denis (...) ».

Suite à ces premières mesures de déchristianisation d'autres feront suite : la confiscation des biens des églises et à partir du 2 octobre 1793, deux mesures excessives la fermeture des églises et la loi sur la suppression de tout culte extérieur.
A Carrières, l'esprit de résistance se réactiva. Les habitants s'opposeront au Maire et à la Municipalité en bravant la loi interdisant tout rassemblement et l'exercice du culte. La menace d'un rassemblement des citoyens en l'église pour y exercer le culte catholique gronda sur la commune au point que le Maire instruit de ce rassemblement inscrit par précaution l'affaire au registre des délibérations : « Le seize germinal l'an trois de la république le corps municipal assemblé et instruit que les Citoyens de cette commune se préparent à exercer aujourd'huy le culte catholique... ».

Et effectivement le rassemblement eut bien lieu : « Nous Maire, Officiers Municipaux et agent national de la commune de Carrières sur Seine, instruit que les citoyens de notre commune étaient assemblés ce jourd'hui dans le Temple de l'Eternel, à l'effet d'y exercer le culte catholique, nous sommes transportés dans le dit temple à dix heures du matin pour faire mettre à exécution la loi du trois ventose dernier sur la liberté des cultes. Là nous avons en effet trouvé en très grand nombre de citoyens paisiblement assemblés et après les avoir invités par l'organe du Maire à se retirer dans leurs foyers, nous leur avons fait pour la seconde fois lecture de la dite loi et leur avons recommandé expressément de s'y conformer sur le champ. Après avoir écouté dans le plus grand silence la lecture de laditte loi ainsi que l'invitation dudit Maire, les citoyens sans avoir égard à la dite invitation, ont persisté à rester dans le dit temple, sous le prétexte que l'édifice leur appartenait. D'après ce que nous nous sommes retirés en leur déclarant que nous instruisions l'administration du district de St.Germain en Laye de leur résistance à la loi : et avons dressé en la chambre commune le présent procès-verbal (...) Signé Suzanne Maire, B. Mandrin agent national, J.Ballagny, Mathis secrétaire, Bresnu officier ».

Dès l'An III, le culte et la liberté d'exercer reprennent leurs droits petits à petits. Dans la majeure partie des communes des messes sont dites, et au sein même de l'église car aucun autre lieu n'est assez grand pour réunir la majeure partie de la population.

suite .....

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