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Les Etats-Généraux

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Les Etats-Généraux

Les Etats-Généraux et les cahiers de doléances.

Carrières-Saint-Denis, comme tous les villages de France, prend connaissance de ce grand événement qui consiste à consulter la Nation, à donner la parole, pour la première fois, aux paysans, aux modestes laboureurs, en somme au bas-peuple, par l'édit royal de février 1789 :
« Notre âme et ..., nous avons besoin du concours de nos fidèles sujets pour nus aider à surmonter toutes les difficultés où nous nous trouvons, relativement à l'état de nos finances, et pour établir, suivant nos voeux, un ordre constant et invariable dans toutes les parties du Gouvernement qui intéressent le bonheur de nos sujets, et la prospérité de notre Royaume. Ces grands motifs nous ont déterminés à convoquer l'Assemblée des Etats de toutes les provinces de notre obéissance, tout pour nous faire connaître les souhaits et doléances de nos peuples (...) ».

Cet édit royal est lue au prône de tous les villages, et en ces termes le roi invite ses sujets à « proposer, remonter, aviser, consentir à faire leurs plaintes et doléances ». Chaque paroisse rédige ou fait rédiger, par un avocat désigné d'office, son cahier de plaintes et de doléances.

Les cahiers de doléances de notre commune débutent ainsi : « Cahier de la communauté de la Paroisse de Carrières-St.Denis, contenant les plaintes et les doléances que les habitants chargent leurs représentants de dépose aux pieds du Roi, dans les états généraux convoqués à Versailles pour le vingt-sept du présent mois d'avril ».
Suite aux formules de politesse « que les dits représentants mettront aux pieds du Roi les justes remerciements de la Communauté de Carrières-St.Denis » dès le 2ème article cette communauté entre dans le vif du sujet : « qu'elle demande aussi avec instance aux états généraux que le Clergé et la Noblesse n'ayent aucun privilège ». « que les mêmes suppliants se rouvent privés d'un chemin absolument nécessaire à la proximité des engrais et à la culture de leurs terrains, que Monsieur Bertin, Seigneur de Chatou, vient à l'instant de leur faire supprimer, ce qui gêne beaucoup les suppliants à porter leurs denrées à Paris ».

Cette doléance montre combien la suppression de ce chemin fut le détonateur d'une véritable révolution des villageois à l'encontre du seigneur Bertin, et présageant la grande révolution. En troisième lieu, les habitants de Carrières revendiquent de « réformer les abus que perçoivent les fermiers généraux ».

Ils demandent, enfin, de remédier aux abus des gibiers sur leurs champs et à ceux des gardes de la capitainerie qui leur infligent des amendes, souvent injustifiées : « ... que le gibier ruine entièrement les productions de leur territoire, séparément de la vexation que la Capitainerie par rapport aux amendes qu'elle perçoi. »

Ce document est également instructif sur le regard que porte les paysans sur leur commune composée : «  ... de très mauvaises terres, très pierreuses, dont un tiers est partie en murgers et sujette à geler toutes saisons ; et que le peu de terrains qui reste en leur possession est sujet aux inondations et débordement des eaux ».

Les murgers sont des tas de pierres constitués par les cultivateurs ou vignerons au bout de leurs champs ou vignes, des pierres extraites de leur terre. Or, la longueur de ces tas de pierre dépasse, selon les dires de nos « paysans », leur largeur et hauteur. C'est dire combien nos terres sont caillouteuses. Une situation qui n'a rien d'exceptionnelle puisque notre « terre » et le nom qu'elle porte sont issus des carrières qui la composent.

En cette fin de siècle, la vie à Carrières-Saint-Denis est donc, aux dires de ses habitants, loin d'être complaisante. Ils aspirent, comme tous les villages de France, à un renouveau et tous leurs espoirs sont désormais symbolisés par ces cahiers de doléances qui ont été « fait, délibéré et arrêté dans l'assemblée générale de la paroisse de Carrières-Saint-Denis, tenue en vertu des lettres de convocation, le mardi quatorze avril mil sept cent quatre vingt neuf ». Ce document est signé par les grands noms de la commune : Suzanne, Genin, Bresnu, Bontemps, Ballagny, Paureau, Mandrin et Daubin.

Nous y apprenons également que le curé de notre paroisse, est le prêtre Quillier, curé de Houilles, et que le procureur fiscal est M. Laurent Gaultier. Si le nom du curé de notre paroisse est mentionné c'est parce qu'il est, sans nul doute, à l'origine de la rédaction des cahiers de doléances de notre commune. Il est à l'époque, et pendant de nombreuses années par la suite, le personnage de référence en matière d'actes administratifs.

De début juillet 1789 à début septembre 1789, le registre des délibérations du conseil des anciens et des notables de Carrières ne porte aucune mention relatant un événement particulier. La prise de la Bastille ne semble donc pas avoir retenu l'attention de nos habitants. Ou au contraire trop occupés à cette révolution, les registres ont été délaissés.

Le 9 juillet 1789 les Etats Généraux prirent le nom d'Assemblée Nationale Constituante, qui siégea jusqu'au 30 septembre 1791. Elle abolit la féodalité, proclama la souveraineté nationale, la séparation des pouvoirs, l'égalité des citoyens devant la loi et vota la constitution civile du clergé. Sous cette assemblée les grands changements sont en voie de s'opérer. Les décrets de l'Assemblée sont envoyés jusque dans les hameaux les plus reculés, transcrits sur les registres municipaux, publiés au son du tambour, lus sur les places publiques et surtout commentés par tous les paysans qui ont le pressentiment qu'une vie nouvelle commence pour eux.

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