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Le XIIe siècle

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Le Moyen-Âge : la Fondation de Carrières-Saint-Denis
Les Capétiens
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Le XIIe siècle ou la naissance de Carrières-Saint-Denis
Le XIIe siècle

La dynastie des Capétiens règne et Louis VI est roi de France (1108 - 1137).

Il va accroître son pouvoir en Ile-de-France grâce à son ministre Suger, éminent personnage de l'époque. Suger naquit en 1081 dans une famille de « gros paysans apparentés à la petite chevalerie de la plaine de France ».

Il fut offert à neuf ou dix ans comme oblat (enfant offert à un monastère pour qu'il y soit éduqué et associé au service de Dieu). En 1122, Suger est consacré abbé par l'archevêque Vulgrin de Bourges et élu à l'unanimité pour diriger l'abbaye.

L'abbaye de Saint-Denis fut d'abord un monastère voué au culte des martyrs du IIIe siècle, Denis, Eleuthère et Rustique. Rapidement l'imposante église acquiert, par l'influence de ses abbés, et de Suger notamment, une ampleur matérielle et morale sans précédent sur les destinées politiques et administratives de la France. Elle est pendant toute une partie du Moyen-Âge, le siège effectif du gouvernement et la ville de Saint-Denis, la capitale du royaume. Elle est ainsi toute puissante en matière de justice, de police et d'économie dans son domaine, qui comprend la ville de Saint-Denis et toutes les bourgades et villages, tel que Carrières-Saint-Denis. Suger donnera à cette abbaye toute son ampleur grâce au programme politique et économique qu'il mit en place et dont l'objectif était l'enrichissement de celle-ci. La fondation de « ville neuve », dont Carrières, est issue de ce programme.

Le texte fondateur Carrières est daté de 1137 et commence ainsi : « Au nom de la Sainte et Indivisible Trinité, du Père, du Fils et du Saint-Esprit, Amen. Suger, par la Grâce divine, abbé du monastère des bienheureux martyrs du Christ : Denys, Rustique et Eleuthère. Attendu que nos prédécesseurs ne laissèrent, à ce que nous croyons, rien ou une toute petite part, au Trésor du bienheureux Denys, des revenus dus autrefois à la munificience des Rois, nous avons donné au trésor, une partie de ce que, avec l'aide de Dieu, nous avons acquis et édifié de l'unanime consentement et conseil de notre Chapitre » .

Il se poursuit par les dons fait par Suger au Trésor et officialise ainsi la fondation de Carrières : «(...) nous donnons, pour l'entretien des ornements du bienheureux Denys, les églises de la prévôté de Berneval (...) Quant à la 'Villa' appelée Carrières, entièrement construite par nous, nous la donnons, quitte de tous droits au Trésor ».

Suger définit ensuite les conditions de cette donation : « Personne, à l'exception du Trésorier, n'aura droit de mainmorte, de routage ou de quelqu'autre coutume. Nous accordons aux homme de Bezons, pour y planter des Vignes une culture entre Carrières et Bezons. Nous n'avons accordé, au Trésorier, rien d'autre concernant la sauvegarde dont nous avons parlé au sujet de Carrières tant au sujet des droits de mainmorte que des autres coutumes. Nous voulons dire que si quelque droit de mainmorte venait à exister, il ne serait pas au bénéfice de l'Abbé, mais du Trésorier . ». Ce document daté du « 15 des Kalendes de juillet l'an de l'Incarnation du Seigneur mille cent trente sept (...) » est le document officiel attestant de la fondation de Carrières et de son existence.

La fondation de Carrières est ainsi le fruit d'une volonté politique et économique.

Volonté politique car la fondation des « villages neufs » résulte de la détermination avisée de l'autorité suprême : l'Eglise. Et volonté économique puisqu'elle entre dans le cadre d'un programme pré-établi : l'enrichissement de l'Abbaye de Saint-Denis.
Suger souhaite en effet améliorer la gestion financière des domaines de l'Abbaye afin de renflouer ses caisses. Carrières s'apparente à cette époque aux « villages d'hôtes », village peuplé de quelques habitants venus exploiter une terre. C'est un hameau : petit groupe isolé d'habitations rurales, ne formant pas une commune.
Ainsi, par le peuplement de la terre de « Carreria Sancti Dyonisii », sa fondation officielle par l'Eglise et la construction de la grange dîmeresse, notre bourgade existe officiellement.

La vie se fixe et se développe autour de la grange dîmeresse, dont la construction date du XIIe siècle et Carreria devient un hameau. Du latin « granum », elle est le bâtiment ou sont abritées les gerbes de blé, le grain, la paille. Elle est gérée par un religieux, venu de Saint-Denis, assisté d'un adjoint appelé « socius ». Les religieux y entreposent les récoltes et perçoivent l'impôt : la dîme (prélèvement effectué au profit de l'église sur les récoltes). La grange dîmeresse est l'élément centralisateur qui permit de fixer une population et de rassembler les habitations éparses à l'origine de notre hameau. Outre le symbole d'impôt qu'elle représente, elle est aussi le lieu offrant protection et sécurité aux paysans et à leurs récoltes. Les vestiges de cette grange sont encore visibles de nos jours dans le vieux Carrières.

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