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Carrières : un village en pleine évolution
Augmentation de la population et diversification des
activités
En 1817, la population de
Carrières est de 962 habitants, dont 57 seulement
n'appartiennent pas au monde agricole. L'agriculture est la
profession majoritairement exercée, y compris par les
femmes à l'exception pour ces dernières de 6 domestiques et
de 2 couturières recensées. L'exploitation des carrières
est pendant longtemps l'autre activité majeure dans notre
commune.
Des carrières, est extrait un calcaire, le liais,
utilisé pour les constructions. Reconnues pour la qualité
de leur pierre à bâtir, nos carrières ont été intensément
exploitées, bien avant la construction de notre commune,
pour l'édification d'édifices religieux et notamment pour
l'Abbaye de Saint-Denis ( Ve - VII siècles).
Délaissée du XIIIe siècle au
XVIIIe siècle au profit de la viticulture, l'exploitation
des carrières réapparut au XIXe siècle pour la construction
de maisons bourgeoises à Paris, la reconstruction de la
façade des églises de Sartrouville et d'Argenteuil et pour
la réalisation des ouvrages du chemin de fer de la ligne
Paris-Rouen. Le nombre de carriers se développe à nouveau
pour passer d'un unique exploitant en 1817 à 10 en 1830. En
1851, 38 personnes travaillent dans l'industrie extractive,
dont 8 sont maître d'oeuvre et 30 des ouvriers apprentis.
Mais l'exploitation des carrières pour l'extraction de la
pierre sera à nouveau abandonnée au début du XXe siècle au
profit de la myciculture, la culture du champignon.
A la fin du XIXe siècle la
viticulture s'efface au profit de l'agriculture et du
maraîchage. Des maraîchers encore bien présents dans notre
commune de nos jours et qui produisent des fruits et
légumes d'une bonne qualité qu'ils vendent sur les marchés
locaux et de Paris. Le phylloxera (pucerons) en 1865 et le
mildiou (champignon nocif) en 1876 portent un coup décisif
à l'exploitation de la viticulture.
Dès 1820, la culture légumière
de plein champ, de l'asperge et des céréales remplace peu à
peu celle de la vigne qui disparut totalement à partir de
1916. En 1852, selon les archives municipales, on cultive à
Carrières 76 hectares de blé (froment), 56 hectares de
pommes de terre et 5 hectares de luzerne. Le recensement
des bêtes fait état de 169 chevaux, 92 ânes et 233 vaches
laitières (contre 15 au maximum en 1820).
En 1860, la culture des
céréales s'est fortement développée : de 76 hectares en
1852 de champs cultivés en blé-froment on passe à 100
hectares, auxquels s'ajoutent 40 hectares pour le seigle,
50 hectares pour l'orge et 60 pour l'avoine. Ces deux
dernières céréales étant principalement utilisées pour la
nourriture des 'bêtes'. Les cultures se diversifient de
plus en plus. En 1872 on trouve des récoltes de betteraves,
houblon, colza et graines oléagineuses, chanvre, lin,
garance, tabac, foin, trèfle, luzerne, fruits, légumes
frais... Et avec le développement de l'agriculture, le
matériel se diversifie et s'accroît en conséquence : de 50
charrues en 1852 on passe à 100 en 1882 et à 130 en 1892.
La modernisation fait aussi son apparition puisque 4
machines à battre les céréales sont recensées en 1882 et 6
en 1892. Cette époque se caractérise aussi par la
diversification des activités qui accompagne l'augmentation
de la population.
En 1831, carrières compte 1080
habitants dont 259 garçons ( 9 militaires aux armées), 297
filles, 214 hommes mariés, 214 femmes mariées, 20 veufs et
39 veuves. En 1851, la commune compte 1112 habitants, 1157
en 1856, 1219 en 1861, 1281 en 1866 et en 1891 1371
individus répartis en 398 ménages recensés. Dès lors, la
diversification des métiers se manifeste plus clairement et
fait apparaître des catégories quasi-inexistantes au
recensement précédent : 16 couturières, 2 blanchisseuses,
10 carriers, 2 tisserands, 1 vannier, 1 grainetier, 2
serruriers, 1 chaudronnier, 1 négociant... mais aussi des
employés de l'industrie du bâtiment (dont des maîtres
d'oeuvre) et des maîtres de l'industrie de
l'habillement.
Carrières reste une commune
relativement petite qui connu entre 1851 et 1891 une époque
difficile : la guerre Franco-Allemande.
suite .....
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